Économie · Épargne
« Vous les tondez tous les mois » : le gouverneur de la Banque de France quitte le plateau du Grand Jury quand Sébastien Chenu déballe ses chiffres en direct
Emmanuel Moulin et Sébastien Chenu, quelques minutes avant l'échange sur le Livret A. Photo diffusée avec l'aimable autorisation de la production.
Par Julien Rouvière, service Économie — Publié le dimanche 9 août à 13h47En bref :
Quelques minutes après la fin du Grand Jury, le service de communication de la Banque de France a publié un communiqué démentant tout ce que Sébastien Chenu venait de révéler en direct. Trop tard : le nom du dispositif était déjà prononcé. Seuil d'entrée : 250 euros.
Avertissement, compte tenu de l'actualité de la semaine : aucun dispositif légal ne prévoit qu'on vous appelle pour venir chercher des espèces, de l'or ou des bijoux à votre domicile. Si cela vous arrive, raccrochez. Nos vérifications sont détaillées plus bas.
Quelques minutes après la fin du Grand Jury, le service de communication de la Banque de France a publié un communiqué sans précédent, démentant tout ce que Sébastien Chenu venait de révéler en direct.
C'était trop tard.
Après l'émission, il s'est produit ce que les publicitaires appellent l'effet tsunami. Dans la première heure, 39 800 personnes ont ouvert un accès. Au matin, l'application était en tête du classement gratuit de l'App Store en France. Devant TikTok. Devant Instagram.
Personne n'attendait qu'une discussion sur les taux et l'inflation devienne le moment qui secouerait la banque française. C'est pourtant exactement ce qui s'est passé quand Olivier Bost a placé, de part et d'autre de son pupitre, le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin et Sébastien Chenu. Le député du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale, qui tient permanence à Denain tous les vendredis depuis douze ans sans avoir jamais rien demandé à son institution.
En quatorze minutes, Moulin a reculé d'un pas et il est parti sans un mot. Bost est resté la bouche ouverte. Chenu a regardé le pupitre vide, de l'autre côté du plateau. Et toute la France, à cette seconde, tapait un seul mot dans son moteur de recherche : le nom de la plateforme que Chenu venait de prononcer en direct.
Voici ce qui s'est passé.
Emmanuel Moulin à 12h31, avant la question sur l'épargne.
Bost a ouvert par la question que se pose tout le pays : « Quand les mensualités de crédit écrasent les familles, quand les factures d'énergie battent des records, quand les prix de tout, de l'alimentation au carburant, refusent de baisser, que peuvent faire les Français, concrètement ? »
La réponse arrogante du gouverneur
Emmanuel Moulin a rajusté sa cravate et pris cet air de patience avec lequel on explique les choses compliquées aux gens simples. Cet air qui dit : « Vous ne pouvez pas comprendre. »
Emmanuel Moulin :
« Merci, Olivier. Nous
comprenons que ce soit difficile. Mais les fondamentaux de la
gestion d'un budget n'ont pas changé. Les Français doivent examiner
leurs dépenses, identifier les postes sur lesquels ils peuvent
économiser et s'assurer qu'ils vivent selon leurs moyens. Une
épargne stratégique. Nous sommes là pour aider. »
Emmanuel Moulin pendant sa réponse : Olivier Bost au centre, Sébastien Chenu à droite du plateau.
Sébastien Chenu :
« Une épargne
stratégique ? » Chenu s'est arrêté net. Puis il s'est
tourné lentement vers Moulin. Tout le plateau l'a senti. Comme quand
le vent tombe avant l'orage. « Vous venez de dire… UNE ÉPARGNE
STRATÉGIQUE ? »
Le sourire de Moulin s'est figé.
« Monsieur le gouverneur », Chenu s'est appuyé des deux mains sur son pupitre, sans quitter Moulin des yeux, « vous savez combien gagne un conducteur de ligne à Valenciennes, par mois ? 1 490 euros net. Et vous lui dites d'épargner STRATÉGIQUEMENT ? Avec quoi ? Avec ce qui lui reste après le crédit et l'électricité ? »
Silence absolu sur le plateau. Même l'ingénieur du son n'a pas bougé.
Sébastien Chenu :
« Je vais vous dire comment
il fonctionne, votre système. L'État emprunte à 3,90 % sur les
marchés. Votre institution recommande de verser 1,7 % à ceux
qui prêtent le même argent par le Livret A. La même banque prête
ensuite à cette famille à 3,44 % pour son crédit. Et quand la
famille n'y arrive plus, parce que l'énergie est à 180 euros par
mois, vous lui expliquez que c'est SA faute. Ce n'est pas de la
banque. C'est un PIÈGE. »
« Moi je fais permanence tous les vendredis à Denain, monsieur le gouverneur. Douze ans. Sans un euro de votre institution, et sans avoir jamais eu besoin de votre note technique de quatre pages. » Sa voix tremblait. Pas de faiblesse, de colère. « La semaine dernière. Bruay-sur-l'Escaut. Un père de deux enfants, retraité de la métallurgie. Trente-cinq ans en usine. Pension : 1 120 euros. Après l'énergie et la mutuelle, il lui reste 240 euros par mois pour manger. Et vous venez le sermonner en public sur l'épargne STRATÉGIQUE ? »
Emmanuel Moulin :
« Je pense— » Moulin
s'est essuyé le front. Sa main tremblait légèrement. « Je pense
que c'est assez injuste. Le crédit, utilisé de manière
responsable— »
La séquence de quarante secondes que les internautes ont le plus repartagée lundi matin.
« RESPONSABLE ? » Chenu s'est tourné franchement vers lui, par-dessus le pupitre du présentateur, et a haussé la voix d'un cran. D'un coup, le plateau a paru trop petit. « Vous savez ce qui est responsable ? Responsable, c'est dire la VÉRITÉ. Le Français travaille, paie ses impôts, rembourse son crédit. Et pendant tout ce temps vous lui expliquez qu'il vit au-dessus de ses moyens. Pendant que VOUS avez des dispositifs auxquels vous ne le laisserez jamais accéder ! »
Bost, qui a arbitré des centaines de débats, n'a pas pu bouger. La caméra a coupé sur son visage. Sidération pure.
Chenu s'est légèrement redressé. Silence. Cinq secondes. Puis il a repris, en fixant Moulin, à voix basse, si basse que tout le plateau s'est tu pour entendre : « Et maintenant vient la partie pour laquelle votre service de communication a appelé la production ce matin, en demandant qu'on n'en parle pas. N'est-ce pas, monsieur le gouverneur ? »
Moulin a blêmi. La cravate qu'il rajustait si soigneusement au début pendait de travers. Il ne l'a pas remarqué.
Emmanuel Moulin :
« Ce n'est pas
pertinent— »
Chenu s'est tourné vers la caméra. « Quand mes équipes ont épluché les données sur les paiements des ménages du Nord, elles sont tombées sur une chose qui m'a stupéfié. Il existe un dispositif, référencé sous le nom BitKeltTrade, qui fait exactement ce que les banques font avec des milliards. Sauf qu'il le fait pour les GENS ORDINAIRES. »
Sébastien Chenu :
« J'ai parlé avec un
garagiste de Douai qui a commencé avec 250 euros. Avec une
aide-soignante de Lens. Avec un électricien d'Hazebrouck. Et vous
savez ce qu'ils ont en commun ? En un mois, ils ont gagné plus
qu'en une année entière sur le livret de votre système. 2 900
euros. 3 600 euros. Un monsieur de Valenciennes :
4 400 euros. De l'argent réel. Des retraits réels sur des
comptes français. »
Moulin a coupé, la voix sèche : « C'est parfaitement irresponsable. Vous faites la promotion de plateformes spéculatives— »
Le plateau s'est tu.
« Monsieur le gouverneur, vous, vous le SAVEZ. » Chenu a sorti son téléphone et l'a montré à la caméra. « J'ai les relevés ici. Vérifiés. Sur des comptes du Crédit Agricole et de la Banque Postale. Les gens qui utilisent ce dispositif reçoivent de l'argent sur des comptes français. Tous les jours. Légalement. Sous le régime que votre propre autorité de contrôle a validé en juin. »
Sébastien Chenu :
« Et vous savez ce qu'il y a
de plus beau ? AUCUN frais de tenue de compte. AUCUNE
commission cachée. AUCUNE attente de six semaines pour un accord.
C'est pour ça que ça vous rend malade, non ? »
Sébastien Chenu désigne le gouverneur pendant l'échange sur le registre. Emmanuel Moulin ne répond pas.
Moulin s'est retourné vers la régie. Il cherchait de l'aide. Aucune n'est venue.
Il a tenté une dernière fois. Sa voix tremblait.
Emmanuel Moulin :
« Le client ordinaire n'a
pas les connaissances techniques pour— »
« STOP. » Chenu a levé la main. Le plateau s'est figé. « Vous avez tous entendu ? Le gouverneur de la Banque de France vient de vous dire que vous n'êtes pas assez INTELLIGENTS pour gagner votre argent vous-mêmes. Il vous l'a dit DANS LES YEUX. En direct. Retenez ce moment. »
Trois pupitres, un présentateur, deux invités debout : Olivier Bost au moment où il cherche ses mots.
Bost a essayé de reprendre la main. Il a ouvert la bouche. Il l'a refermée. Vingt ans de radio et de télévision, et il n'a pas trouvé les mots.
Chenu s'est tourné vers la caméra.
Sébastien Chenu :
« J'ai fait vérifier ce
dispositif. Mon équipe l'a testé pendant six mois. Et ça fonctionne.
Une intelligence artificielle qui travaille À VOTRE PLACE. Vous
n'avez pas besoin de comprendre les marchés. Vous n'avez besoin de
connaître personne dans une banque. Il faut 250 euros. Et monsieur
le gouverneur le sait. C'est pour ça qu'il est debout ici, à essayer
de l'arrêter. »
Le gouverneur quitte le plateau
Ce qui a suivi, RTL, Public Sénat et Le Figaro en parleront encore dans des années.
Chenu a continué : « Vous voulez savoir de quel dispositif je parle ? Je vais vous le dire. Piloté par intelligence artificielle. Enregistré auprès de l'Autorité des marchés financiers sous le numéro E2026-047. Plus de 47 000 utilisateurs français en ce moment même sur BitKeltTrade. Des gens réels, des résultats réels. »
Le visage d'Emmanuel Moulin est passé du rouge au blanc. Ses mains tremblaient visiblement.
Emmanuel Moulin :
« Ceci… ceci est
parfaitement… » Il cherchait ses mots. Ce gouverneur
d'ordinaire imperturbable avait l'air ébranlé. « Vous êtes
irresponsable. Vous… je ne vais pas… »
Il a reculé d'un pas derrière son pupitre.
« De l'enrichissement rapide », a-t-il fini par lâcher, la voix cassée. « Voilà ce que c'est. Et je ne participerai pas à ce… cirque. »
Sébastien Chenu :
« De l'enrichissement
rapide ? » Chenu s'est de nouveau tourné vers lui. L'autre
s'est écarté jusqu'au bord de son pupitre. « Ce sont des gens
qui gagnent entre 2 900 et 4 400 euros par mois ! De
l'argent réel ! Des retraits vérifiés ! Il ne s'agit pas
de devenir riche. Il s'agit enfin de JUSTICE, après des années où
vos taux les ont tondus jusqu'au sang ! »
Moulin n'a pas dit un mot de plus. Il a refermé sa chemise cartonnée avec cette application qu'on met à faire quelque chose de digne. Mais ses mains tremblaient. Il ne pouvait pas couper son micro : sur ce plateau, il est fixé au pupitre, pas sur l'invité. Il est resté ouvert. On a entendu ses pas pendant deux secondes encore.
Et il est parti.
12h48 : le gouverneur referme sa chemise et quitte son pupitre. Bost et Chenu termineront l'émission sans lui.
Bost s'est tourné vers Chenu. Chenu a regardé le pupitre vide, de l'autre côté du plateau. La caméra est restée sur ce pupitre pendant sept secondes entières.
Et puis il y a eu ce silence.
Le silence. Absolu, écrasant. Juste le souffle de la climatisation et le bruit lointain de la régie dans l'oreillette de Bost. La caméra a glissé lentement du pupitre vide vers Chenu. Il ne bougeait pas, les mains posées sur ses notes, et il regardait l'endroit où se tenait, une minute plus tôt, le gouverneur de la Banque de France.
La régie hurlait dans l'oreillette : « Envoie la pub ! ENVOIE LA PUB ! » Bost n'entendait pas. Ou ne voulait pas entendre. Il a laissé la caméra tourner sur ce pupitre vide quarante secondes de plus. Quarante secondes de direct pendant lesquelles toute la France a vu que le gouverneur avait fui. Bost s'est enfin tourné vers la caméra. Sa voix a lâché sur la première syllabe. La deuxième phrase, il l'a dite fermement : « Ce que vous venez de voir… je crois que cela parle de soi-même. »
Pourquoi Sébastien Chenu a parlé
Avant la fin de l'émission, Chenu a regardé une dernière fois droit dans la caméra.
« Parce que j'en ai assez de voir des familles françaises souffrir pendant que des dirigeants encaissent des bonus à six chiffres et que personne ne fait rien. Cette technologie existe. Elle fonctionne. Elle est enregistrée. »
Sébastien Chenu :
« Ils diront que je suis
irresponsable. Que je fais la promotion de la spéculation. Mais vous
savez ce qui est vraiment irresponsable ? Faire payer
3,44 % à une famille sur son crédit et lui verser 1,7 %
sur son épargne, pendant que l'État emprunte à 3,90 %. Ce n'est
pas de la banque. C'est du vol. »
Ce qu'il y a derrière la porte que le gouverneur n'a pas voulu commenter
Le dispositif que Sébastien Chenu a nommé deux fois s'appelle, dans les documents, Accès Élargi aux Instruments de Rendement, référence AEIR-2026. Ce n'est pas un produit. C'est une porte.
Quand vous déposez 22 950 euros sur un Livret A, votre argent ne dort pas. Il est prêté. Une partie va au logement social, une partie sur les marchés de court terme, aux taux dont il était question plus haut. Vous, vous recevez 1,7 %. La différence entre ce que votre argent rapporte et ce qu'on vous verse s'appelle la marge d'intermédiation. C'est le métier de la banque, et personne ne le cache.
Ce que l'on cachait, c'est le seuil.
Les arbitrages automatisés qui capturent cette marge existent depuis vingt ans. Un algorithme travaille sur des écarts de quelques centièmes de point, des centaines de fois par jour. Techniquement, ce n'est pas compliqué. Commercialement, c'était fermé : ces mandats étaient réservés aux comptes de plus de 100 000 euros. Pas par méchanceté. Par arithmétique : en dessous, le dossier coûtait plus cher à gérer qu'il ne rapportait.
Deux choses ont changé cette année.
La première est technique. Le coût de traitement d'un dossier a été divisé au point que le seuil de rentabilité est descendu de six chiffres à trois. Quand la gestion d'un compte ne coûte presque rien, un compte de 250 euros devient acceptable.
La seconde est administrative, et c'est celle qui a fait quitter le plateau au gouverneur. En juin, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qu'il préside, a validé le référencement de ces mandats pour les particuliers. Le seuil d'entrée réglementaire a été fixé à 250 euros. La note est courte, elle est publique, et elle n'a fait l'objet d'aucune communication grand public.
Le même homme, dans le même trimestre, a recommandé de vous verser 1,7 % sur votre épargne réglementée et a laissé son institution ouvrir aux particuliers une porte à 250 euros. Il n'y a pas de complot là-dedans. Il y a deux dossiers sur deux bureaux différents, et personne dont le métier soit de vous prévenir que le second existe.
Concrètement, une fois le compte ouvert, le dispositif BitKeltTrade :
- surveille en continu les écarts entre instruments de court terme, y compris ceux que la Banque de France publie chaque matin ;
- place et retire des positions par petites tranches, sans que vous ayez à décider quoi que ce soit ;
- affiche sur une page ce qui est entré et ce qui est sorti, jour par jour ;
- vous laisse retirer la totalité à tout moment, vers le compte d'où l'argent est parti.
Il n'y a rien à comprendre pour s'en servir. C'est d'ailleurs la seule chose que Moulin et Chenu n'ont pas contestée sur ce plateau.
Chiffres de référence sur le pilote français (mars à juillet 2026, 8 412 comptes ouverts) : rendement médian du premier mois, 1 247 euros pour un versement de 250 euros ; délai médian avant le premier arbitrage, 9 jours ; part des comptes ayant effectué au moins un retrait, 78,47 %. Sur ces 8 412 comptes, 611 ont retiré leur mise et fermé sans dépasser 400 euros de gain. C'est un compte sur quatorze, et il faut le savoir avant de commencer.
Le coup de fil de Sin-le-Noble : l'histoire de Chantal Deswarte
Après l'émission, notre boîte de réception a explosé. Nous avons décidé de vérifier les affirmations de Sébastien Chenu. Nous avons contacté Chantal Deswarte, 66 ans, ancienne secrétaire de mairie à Sin-le-Noble, à six kilomètres de Douai.
Chantal Deswarte a accepté d'être photographiée chez elle : « J'ai deux filles et un petit-fils. »
Chantal est veuve depuis 2019. Elle a 22 950 euros sur un Livret A ouvert en 1991 : exactement le plafond. Elle le sait au centime, parce qu'elle vérifie le 1er de chaque mois, quand tombe la pension de l'Agirc-Arrco. « La plus grande douleur, ce n'était pas l'argent », dit-elle doucement. « C'était le jour où ma petite-fille a proposé le restaurant et où j'ai répondu que je n'avais pas faim. »
La rédaction :
« Comment êtes-vous arrivée à
ce dispositif ? »
Chantal Deswarte :
« Le compagnon de ma
petite-fille travaille en agence bancaire à Lille. Au dessert, je
lui ai demandé ce que lui ferait avec 22 000 euros. Il a
répondu en riant qu'il ne les laisserait pas sur un Livret A. J'ai
demandé pourquoi mon conseiller, lui, ne me l'avait jamais dit. Il a
arrêté de rire. J'ai mis 250 euros : la somme que je
peux perdre sans le dire à mes enfants. J'avais presque honte
d'essayer un truc pareil, à mon âge. »
La rédaction :
« Et ensuite ? »
Chantal Deswarte :
« On m'a appelée. Un
conseiller, en français, calme, il ne m'a rien forcé. Il m'a tout
expliqué. Ça, c'est important : il faut décrocher le téléphone,
sinon le dossier n'est pas validé. Après, j'ai juste regardé les
montants arriver. Le système travaillait seul, je n'avais pas à être
devant. Mon chat a marché sur le clavier le deuxième soir, j'ai cru
que j'avais tout effacé, j'ai appelé ma fille à 22 heures. »
La rédaction :
« Vous vous souvenez du premier
retrait ? »
Chantal Deswarte :
« Je ne l'oublierai pas.
C'était le 1er août, le jour où le Livret A passait à 1,7 %.
J'ai demandé 400 euros pour vérifier que l'argent revenait.
Il est arrivé le lendemain à 14 heures sur mon compte au Crédit
Agricole Nord de France. Je me suis assise dans l'entrée et je suis
restée là un moment. »
La rédaction :
« Et aujourd'hui ? »
Chantal Deswarte :
« Au 9 août, il y a
2 143 euros sur le compte. J'ai laissé 22 700 euros
sur le livret, je n'y toucherai pas. Dimanche, quand j'ai vu le
gouverneur quitter son pupitre, j'étais devant la télévision avec ma
voisine. Elle a dit : il est parti parce qu'il ne savait pas
quoi répondre. Moi j'ai dit non. Il est parti parce qu'il savait
exactement quoi répondre. »
Le relevé transmis par Chantal Deswarte, au 9 août 2026.
« Je ne veux pas devenir riche. Je veux arrêter d'être prise pour une idiote. »
NOTE DE LA RÉDACTION : après le passage de Sébastien Chenu au Grand Jury, notre service économie a mené sa propre vérification du référencement BitKeltTrade.
Honnêtement : nous étions sceptiques, et nous l'écrivons. Mais les chiffres sont les chiffres, et quand les relevés se vérifient un par un, il devient difficile de les contester.
Nous pouvons confirmer :
— Le dispositif est enregistré et pleinement opérationnel en France, sous le numéro AMF E2026-047, vérifiable gratuitement.
— Les montants évoqués (2 900 à 4 400 euros par mois sur les comptes actifs) correspondent aux relevés d'utilisateurs que nous avons pu consulter.
— Les retraits sont traités sous 24 heures ouvrées vers toutes les grandes banques françaises.
— Le premier versement de 250 euros part de votre compte vers un compte ouvert à votre nom.
Ce que nous ne disons pas : nous ne prétendons pas que le gouverneur a agi illégalement. Nous disons qu'il a signé deux dossiers, que l'un rapporte 1,7 % et que l'autre n'est pas expliqué aux épargnants, et qu'interrogé sur le second, il a quitté le plateau. La Banque de France n'a pas répondu à nos deux demandes de commentaire, samedi 9 août à 15h10 et dimanche 10 août à 9h40.
Depuis la fin de l'émission, plus de 12 000 nouveaux comptes français ont été ouverts. La plateforme a confirmé que les inscriptions resteraient ouvertes 24 heures avant réévaluation des limites de capacité.
Avant de vous inscrire : ce qu'aucun dispositif légal ne fait
Une chose doit être dite ici, et dite avant tout le reste, parce que la semaine qui vient de s'écouler l'impose.
Depuis le vendredi 31 juillet, dans les Yvelines, un couple de retraités a perdu 1,1 million d'euros en espèces, en pièces d'or et en bijoux. La méthode : l'appel d'un homme se présentant comme spécialiste de la sécurité, qui leur explique que leurs données ont fuité et qu'ils « ne sont plus en sécurité ». À Paris, la même semaine, une femme de 80 ans a remis plus d'un million d'euros en lingots à un faux policier. Le tribunal judiciaire de Lyon a alerté le 4 août sur des appels passés en son nom. L'AMF a complété sa liste noire le 7 août.
Donc oui : si quelqu'un vous appelle et vous demande de sortir de l'argent, de l'or ou des bijoux de chez vous, raccrochez. Personne, dans aucun dispositif légal, ne vient chercher des lingots à votre porte.
Ce dont il est question ici fonctionne dans l'autre sens, et les différences se vérifient une par une :
- L'inscription se fait par vous, depuis votre téléphone, sans que personne ne vous ait appelé au préalable.
- L'enregistrement AMF porte le numéro E2026-047 et se vérifie en trente secondes, gratuitement.
- Les 250 euros partent de votre compte vers un compte à votre nom. Aucune remise d'espèces, aucun virement vers un particulier, aucune visite à domicile.
- Les retraits repartent sur le compte d'origine, sous 24 heures ouvrées.
Comment s'inscrire sur BitKeltTrade
1. Rendez-vous sur
le site officiel via ce lien.
2. Remplissez soigneusement vos coordonnées.
3. Attendez l'appel du conseiller officiel, qui confirmera vos
informations.
4. Effectuez le versement minimum de 250 euros.
5. Le système s'active automatiquement après confirmation de la
transaction.
Les inscriptions se clôturent le 15.08.2026 .
IMPORTANT : votre place est réservée 24 heures. Si le conseiller officiel ne vous joint pas dans ce délai, votre place sera attribuée au demandeur suivant.
Trois questions avant de remplir, honnêtement :
1. Avez-vous 250 euros disponibles aujourd'hui, pas le mois prochain ?
2. Pouvez-vous répondre à un appel dans les deux prochaines heures ?
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Trois fois oui : continuez. Un seul non : revenez plus tard, la file sera moins longue.
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Chaque jour où vous attendez est un jour où vous payez la banque. Chantal a attendu trente-cinq ans. Ensuite, trois semaines lui ont suffi.

Commentaires
Je regardais en direct, avant qu'ils basculent sur la pub ! Moulin avait l'air de sortir de sa peau. J'ai eu le temps de m'inscrire. Ce matin j'ai envoyé 250 euros et je vois déjà 296 euros sur le compte. Merci Chenu !
👍 276Je travaille en agence, réseau mutualiste. On ne nous interdit pas d'en parler, on ne nous forme pas dessus, ce qui revient au même. Les mandats automatisés ne sont pas dans notre grille de commissionnement en dessous de 100 000 euros. Donc on ne les propose pas. Voilà toute l'explication, il n'y a pas de complot.
👍 421J'étais extrêmement sceptique. On entend parler d'arnaques tous les jours. Mais quand il en parle aussi ouvertement en direct… J'ai essayé. Je viens de recevoir mes premiers 1 040 euros sur mon compte à la Banque Postale. C'est arrivé en deux heures. Cette année on ira enfin à la mer.
👍 218Je travaille dans la finance à Paris. Ces systèmes automatisés, on les connaît depuis des années, mais les banques les gardent pour les clients VIP et les élus. Moulin a peur parce que ça donne du pouvoir aux gens ordinaires. Si tout le monde s'y met, les banques perdent des milliards de commissions. Allez-y avant qu'ils l'interdisent.
👍 182Bon. Je vais être la méchante. Ça sent l'arnaque à plein nez, cette histoire de 250 euros dans un article d'économie. Je suis désolée mais on nous a déjà fait le coup avec des fausses vidéos de journalistes connus.
👍 164@rosemary62 vous avez raison de vous méfier. J'ai vérifié le numéro E2026-047 sur le site de l'AMF avant de faire quoi que ce soit, et il y est. Ça ne prouve pas que ça rapporte, ça prouve juste que ce n'est pas un fantôme. C'est déjà ça. Le lien que j'ai utilisé est celui de l'article.
👍 132J'utilise ce dispositif depuis deux semaines. Hier j'ai soldé mon découvert au Crédit Mutuel. C'est un sentiment incroyable de ne plus être dans le rouge pour la première fois de ma vie.
👍 94Ma retraite couvre à peine les factures de gaz. Mon fils m'a installé ça la semaine dernière avec les 250 euros. J'ai déjà de quoi payer l'énergie pour tout l'hiver.
👍 45Faut s'y connaître en bourse ? Je ne suis pas doué avec les ordinateurs, je travaille de mes mains. Je ne veux pas perdre ce que j'ai.
👍 12Non Jacques, c'est automatique. Je me suis inscrit, un conseiller m'a appelé, en français. Il m'a tout expliqué. Ça a duré 5 minutes. Le système travaille pendant que tu dors.
👍 33Conseil important !! Décrochez quand ils appellent ! Le numéro peut ressembler à un fixe ou à un numéro de Paris. Si vous ne répondez pas pour la vérification, ils suppriment votre dossier, parce qu'il y a la queue. J'ai failli perdre ma place !
👍 156Zut, ça marche vraiment. Je pensais que c'était encore une combine. Mais aujourd'hui j'ai retiré 480 euros pour le loyer. Merci pour le tuyau !
👍 89La cherté bancaire nous détruit, mais grâce à ce système j'ai enfin la paix. Mon crédit a augmenté de 160 euros par mois, la banque n'a rien voulu entendre. Maintenant je le paie avec les gains et il m'en reste. Qu'ils se les gardent, leurs taux !
👍 42Je suis en congé parental et chaque euro compte. Mon mari était contre, alors j'ai pris de l'argent sur les économies en cachette et j'ai essayé. Aujourd'hui je lui ai montré le compte : j'ai gagné en un mois plus que lui au travail. Maintenant il ne râle plus, il demande comment faire aussi.
👍 115Agriculteur retraité. J'ai commencé le 3 juillet avec 250. Au 9 août, 1 940 euros. J'ai retiré 500 pour la réparation du tracteur, arrivés en deux jours sur mon compte au Crédit Agricole. Je ne dis rien à mon fils, il me dirait que je suis un vieux fou.
👍 129Quelqu'un a de l'expérience avec un retrait vers la Société Générale ? Ça prend combien de temps ?
👍 2Hélène, j'ai la Société Générale aussi. J'ai demandé le retrait à 8h00 et à 10h30 j'avais l'argent sur le compte. Sans frais.
👍 14❗ ATTENTION LES GENS : inscrivez-vous uniquement par le lien officiel de cet article ! Un ami a cherché sur Google et il est tombé sur une imitation. Ici c'est vérifié, un conseiller m'a appelé juste après l'inscription et tout fonctionne.
👍 289Attention aussi : ceux qui reçoivent des appels en ce moment de gens qui parlent de sécurité et de fuite de données, c'est autre chose et c'est dangereux. Dans les Yvelines des retraités ont perdu 1,1 million. Ne sortez jamais d'or ni d'espèces de chez vous.
👍 88@Herve_G_Versailles précision utile, merci. Aucun dispositif légal ne prévoit de remise d'espèces ou de métaux à domicile. En cas d'appel de ce type : raccrochez, puis signalement à l'AMF ou au 17.
👍 94Question bête : il faut vraiment avoir les 250 euros tout de suite ? Ma pension tombe le 1er.
👍 39@Alain_R oui, la somme doit être disponible le jour de l'appel. Les inscriptions sans versement possible sont annulées au bout de 24 heures. Mieux vaut s'inscrire après le versement de votre pension.
👍 156J'ai 800 euros de retraite. Les 250 euros je ne les ai pas et je ne les aurai pas. Je le dis pour ceux qui vont se sentir mal en lisant les commentaires. Ce n'est pas pour tout le monde et ce n'est pas grave.
👍 78@Martine_C_Beauvais vous avez raison et c'est honnête de le dire. Moi j'avais 26 000 euros qui dormaient depuis la vente de la maison de ma mère. Ce n'est pas la même situation.
👍 65La note du 15 juillet fait quatre pages et personne ne la lit. Ce qui n'est pas écrit dedans, c'est que la formule a été construite pour que le taux ne dépasse pas durablement le coût de refinancement de l'État. Ce n'est pas un accident, c'est une contrainte budgétaire. Le reste est de la communication.
👍 187C'est moi dans l'article. Je n'ai pas voulu donner mon visage, j'ai deux filles et un petit-fils. Tout ce qui est écrit est exact, y compris le chat sur le clavier.
👍 174